À la conquête de l’Everest

Top ! Découvert en 1847 par les européens, je peux me targuer d’être difficile à conquérir. Je dois mon nom à la personne qui a permis de calculer ma hauteur en 1856. Situé dans l’Himalaya entre le Tibet et le Népal, je culmine à 8848 mètres soit l’altitude d’un avion de ligne. Considéré comme le plus haut sommet du monde, j’ai vaincu de nombreux aventuriers audacieux, je suis… Le mont Everest !

L’Everest est un coin idéal pour des vacances en famille. Jouons aux météorologistes en herbe et penchons nous sur ce doux climat qu’un pingouin trouverait un peu frais, pardonnez l’euphémisme. Sans surprise, les conditions climatiques sont démentielles. Pour faire court, la température la plus chaude, en juillet, n’excède pas les -19 degrés quand on peut descendre sous la barre des -8000, des -60 degrés en janvier. Au moins la montagne respecte les saisons, et ça c’est quand même bien dans ce monde de détraqués. Bref, poursuivons ce petit descriptif qui ferait passer Dunkerque pour une destination de rêve. Sur l’Everest, il gèle en permanence, été comme hiver, de juin à septembre la mousson est aussi de la partie à une certaine altitude. Entre pluies diluviennes et froid extrême, on oublie presque de parler des vents à plus de 285 km/h. Attention au moment de planter le parasol. Les violentes tempêtes de neige ne sont pas rares, et quand le ciel est vraiment en colère, les chutes de neige peuvent être de 3 mètres en 24 heures.

Et l’homme dans cet enfer glacé ? Passé 6000 mètres, le corps humain n’est plus en mesure de s’adapter aux conditions climatiques qui l’entourent. L’hypoxie (manque d’oxygène) rend l’effort à la limite du surmontable. Les dangers pour le corps humain sont légion entre l’oedème cérébral (perte de conscience, somnolence, trouble de l’équilibre et de la coordination), l’oedème pulmonaire (épuisement permanent, tuméfaction des mains, des paupières…) et pour les plus chanceux l’ophtalmie des neiges (brûlure de la cornée). Cet endroit du monde est un des plus hostiles à l’homme sur la planète. Grimper en haut du sommet relève de l’exploit en 2016, mais imaginons ceux qui ont attaqué l’Everest en premier. Ces précurseurs à la conquête de l’inconnu méritent un hommage.

Le toit du monde, 8848 mètres.
Le toit du monde, 8848 mètres.

L’homme au pied de la montagne

Longtemps, l’accès à la montagne fut sévèrement réglementée par le Tibet ou le Népal. Ainsi, si un certain Clinton Thomas Dent propose fièrement de grimper l’Everest en 1885, il faut attendre 1921 pour qu’une expédition britannique prenne réellement forme. Six personnes, dont George Mallory, sont retenus non pas pour grimper la montagne, faut quand même pas abuser pour une première, mais pour cartographier les lieux avant la véritable ascension. Mallory se rend compte de la difficulté à atteindre le sommet mais il l’estime possible. C’est le début d’un combat contre les forces de la Nature.

La hauteur est fixée, le chemin est tracé, l’équipe est réunie, il ne reste plus qu’à partir. Nous sommes en 1922. George Mallory est du voyage puisqu’il est un peu le guide de cette folle expédition. Elle se passe par le versant nord, au Tibet car le Népal n’apprécie guère les étrangers et ne permet pas l’accès au pays.

Armés de leur courage, de plus d’une centaine de porteurs Sherpa et de bouteilles d’oxygène, la compagnie de Thorin écu de chêne s’élance à la conquête de la montagne solitaire, part en direction du sommet après avoir passé plusieurs semaines dans un camp de base situé sur le flanc de la montagne. Les deux premiers essais sont infructueux, la montagne ne veut pas qu’on la domine. Elle s’énerve lors de la troisième tentative en créant une avalanche qui tue sept porteurs. L’expédition est annulée, les grimpeurs quittent l’Everest sans atteindre le sommet, vaincus.

Vaincus ? Pas totalement. Les aventuriers ont établi un nouveau record du monde de hauteur estimé à 8320 mètres (8230 selon d’autres sources).

En 1924, une nouvelle expédition se prépare pour affronter une deuxième fois le mont Everest. Mallory est encore une fois de la partie. Déterminé, téméraire, entrainé, et un peu barré, il n’a qu’un but : atteindre le sommet de l’Everest qu’il a cartographié et grimpé lors des deux précédentes expéditions. C’est son objectif, sa montagne, son fils, sa bataille. Les alpinistes comprennent cette motivation farouche et inaltérable qui anime George Mallory mais pas le grand public. Alors quand un journaliste lui demande peu avant le départ, pourquoi veut-il à ce point conquérir l’Everest, Mallory répond cette réplique devenue culte : « Because it’s there (Parce qu’il est là) ».

Une nouvelle fois, l’expédition se retrouve au camp de base. Des tentatives se lancent à l’assaut de l’Everest qui ne veut décidément pas qu’on atteigne son sommet. À la troisième tentative, George Mallory et Andrew Irvine partent tous deux en direction du sommet. Ils ne reviendront pas. Il est encore aujourd’hui impossible de déterminer si oui ou non Mallory a atteint le sommet avant de mourir. Son corps, retrouvé en 1999 ne laisse aucun indice qui pourrait affirmer ou infirmer sa réussite. Laissons chacun résoudre cette énigme de l’Everest même si les romantiques comme moi croiront en la victoire d’une vie.

Officiellement, c’est le néo-zélandais Edmund Hillary et son porteur népalais Tensing Norgay qui arrivent pour la première fois sur le toit du monde en 1953. L’expédition monte le dernier camp de base à 8500 mètres. Hillary et Norgay partent à 6h30. Ils parviendront victorieusement au sommet à 11h30 après avoir franchi un passage rocheux qu’on nomme aujourd’hui le ressaut Hillary. Le grimpeur avait en effet trouvé ce passage extrêmement éprouvant. Le 29 mai 1953, l’Everest est dominé par le courage et la ténacité des deux hommes. Pendant deux ans, le mystère du premier homme arrivé au sommet est bien gardé par ces petits filous, mais Norgay finit par avouer qu’Hillary est arrivé le premier.

« Preum's au sommet ! » « Je m'en fous je porterai pas ton sac. »
Hillary à Norgay « Preum’s au sommet ! » « Je m’en fous je porterai pas ton sac. »

L’Everest pour tous

Le succès d’Hillary et Norgay incite les meilleurs alpinistes à s’attaquer à l’Everest. Aujourd’hui, on estime à 4000 le nombre de grimpeurs ayant réussi cet exploit défiant la raison et le corps humain. Je ne ferai pas de publicité ici mais certains sites, comme Terres d’Aventures, proposent de grimper l’Everest pour la modique somme de 58150€. Finalement, les Maldives, ce n’est pas si cher que ça. Avec cette somme, l’alpiniste, dispose de l’aide d’un porteur, de 8 bouteilles d’oxygène, d’une tente individuelle, d’un équipement et de son entretien et même d’un cuisiner qui vous fera un bon potage champignons carottes pour récupérer ! Une grosse bourse est nécessaire ainsi qu’une sacré paire de… mais pas de sommet sans attester l’ascension d’un 8000 mètres auparavant. Ils sont au nombre de 14 dans le monde et se situent tous dans l’Himalaya. Amateurs de randonnée sur le Mont Blanc, passez votre tour. De plus, l’ascension via agence n’est pas sans risque puisque d’autres grimpeurs ont laissé leur vie à l’instar de Mallory. Le 10 mai 1996, l’Everest garde sur son flanc 8 personnes. C’est la journée la plus noire depuis que des gens essayent d’accéder au toit du monde.

Motivés pour le grand départ ? Réservez 69 jours pour cette aventure unique. Pourquoi aussi longtemps ? Car le corps doit s’acclimater aux conditions climatiques. Il faut passer près de 17 jours pour monter au camp de base situé à 5350 mètres. 43 jours pour grimper l’Everest et une grosse semaine pour redescendre. Le départ cette année sera le 5 avril 2017 jusqu’au 03 juin. Tous à vos mousquetons !

Envie de grimper ? 

Au sommet de l’Everest de Edmund Hillary (1996)
Tragédie à l’Everest de Jon Krakauer (1997)
Conquérants de l’Everest de Pierre Mazeaud et Reinhold Messner (2013)
Le film Everest de Baltasar Kormákur (2015)

2 réflexions sur “À la conquête de l’Everest

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