L’évangélisation de l’Empire romain

Avant la conquête de la Gaule par Jules César en 51/50 av. J.-C., les Celtes pratiquaient des rites religieux polythéistes dans lesquels les druides occupaient une place centrale. Pour résumer brièvement, ils étaient les intermédiaires entre les hommes et les dieux, les attachés de presse de l’époque. Suite à l’invasion romaine, ces pratiques religieuses sont mises en péril au profit des dieux romains.

La transition des cultes indigènes à la religion romaine est relativement calme. Les divinités romaines s’implantent peu à peu en Gaule grâce aux marchands et aux soldats qui parcourent la région. Notons cependant la suppression des druides par les conquérants, davantage par décision politique que religieuse car ils parasitent le développement de la religion romaine. Alors que les mythes romains sont adoptés par les Celtes, certaines divinités du panthéon gréco-romain sont associées à des dieux celtiques. La déesse de la Lumière, Sirona, s’apparente à Apollon quand Taranis, le dieu du Ciel et de l’Orage s’associe à Jupiter. Un plagiat qui n’est pas sans rappeler celui des romains sur les dieux grecs, pas vrai Zeus ?

Au IIème siècle, un nouveau courant religieux se développe dans tout l’Empire romain, et par conséquent en Gaule, le mithraïsme. Mithra est le dieu perse de la Lumière, de la Justice et de la Bonté. Parmi les rites mithriaque, il existe celui de la taurobole. Elle consiste à sacrifier un taureau dont le sang permet de purifier les infidèles. Le culte de Mithra connait un apogée certain au IIIème siècle.

Toutes ces religions furent nommées plus tard, vers le VIème siècle, le paganisme. Issu du latin paganus, le terme définit les religions hérétiques qui ne sont ni chrétienne, ni juive, ni musulmane.

L’essor du christianisme

Toutefois, une nouvelle religion voit le jour en provenance de l’Orient ; le christianisme. Il va mettre en péril le mithraïsme avant de le dominer au IVème siècle. Dès son apparition en Gaule, le culte chrétien crée une hiérarchie en son sein afin de mieux définir le chef les responsabilités de chacun. Cette communauté organisée ne plait pas vraiment aux romains.

En 177 les chrétiens subissent à Lyon une première persécution. Suite à cet épisode sanglant, Irénée, un jeune prêtre originaire d’Asie mineure aujourd’hui considéré comme un des pères fondateurs du christianisme, compose les premiers écrits chrétiens de Gaule.

 Irénée à Dieu : « T’inquiète, les païens, j’en fais mon affaire » !

Au IIIème siècle, des communautés chrétiennes émergent en Gaule. Bien qu’en comparaison par rapport aux autres religions -les chrétiens sont en minorité- il est important de prendre en compte ce premier essor. Reims par exemple, se dote d’un évêque. Pour autant, les chrétiens sont dépréciés dans l’Empire romain. De nouvelles persécutions ont lieu : en 257-258 sous l’empereur romain Valérien et en 303 sous Dioclétien. Paradoxalement, ces persécutions n’enrayent pas la prolifération de communautés chrétiennes même si ces dernières grandissent souvent dans l’ombre. Toulouse est à son tour évangélisée, suite d’une expansion qui ne va cesser de s’accroitre. Lentement, le christianisme gagne du terrain, s’organise, enrôle des fidèles. L’Empire romain n’a plus d’autres choix que de l’assimiler.

Constantin, l’ami des chrétiens

En 313, l’empereur Constantin permet la pratique du christianisme au sein de l’Empire. Le petit malin a bien compris qu’il ne devait pas négliger les chrétiens. Il signe un édit de tolérance religieuse, connu sous le nom d’édit de Milan. Cette décision ne rend pas officielle le christianisme mais le place à égalité avec les autres religions de l’Empire. C’est une avancée considérable pour le culte chrétien qui n’est alors plus persécuté et qui récupère des possessions confisqués auparavant par ce fourbe de Dioclétien.

La conversion de Constantin (dont la date fait débat parmi les historiens) permet au culte chrétien de se diffuser rapidement au sein de l’Empire, bien que de manière inégale. En effet, certaines provinces se convertissent plus rapidement que d’autres, ailleurs des cultes païens se mêlent à la pratique chrétienne. De plus, les campagnes gauloises s’évangélisent extrêmement lentement. Le travail des missionnaires fait gagner au christianisme une influence considérable en Gaule. Saint Martin est par exemple une figure incontournable de l’évangélisation gauloise.

Constantine-Bronze
Constantin rêvassant au concile de Nicée

Entre le 20 mai et le 25 juillet 325, Constantin convoque les évêques de l’Empire romain à Nicée pour une sacrée soirée participer à un concile. Le concile de Nicée est le premier concile oecuménique de l’Histoire, ce qui veut dire qu’il réunissait toutes les branches du christianisme. L’empereur entend régler les divergences entre les églises d’Orient, excédé de constater les désaccords au sein même du culte chrétien. De plus, il souhaite instaurer une paix religieuse autour de l’Eglise.

En protégeant les chrétiens, Constantin souhaite unifier l’Empire. L’empereur a conscience des clivages religieux et culturels provenant des nombreuses conquêtes romaines. En reconnaissant le christianisme, Constantin, en habile politicien, offre une plus grande cohésion à l’Empire. De plus, il permet de justifier la domination romaine qui découle de la volonté divine. Il est le premier empereur romain à se rallier à la cause des chrétiens et ne nous mentons pas, c’est une sacrée recrue pour les amis de Dieu.

Une domination sans partage ?

Le christianisme occupe une place de plus en plus importante au sein de l’Empire romain. Il va prendre une dimension nouvelle suite à l’édit de Thessalonique. Le 28 février 380, Théodore, empereur de l’Empire romain d’Orient et Gratien pour l’Empire romain d’Occident se réunissent pour convenir d’un traité qui va changer la phase du christianisme. Tous deux chrétiens, ils s’accordent sur l’idée suivante : le christianisme devient l’unique religion officielle et obligatoire des deux empires. Et tant pis pour les autres !

C’est la fin du paganisme, la fin des divers cultes religieux, la fin du polythéisme. Au cours des siècles, l’Empire romain s’était voué au polythéisme avec de nombreux dieux qui eux-mêmes s’étaient mélangés aux cultes autochtones et aux coutumes locales pour former des rites particuliers à certaines régions de l’Empire. Toutes ces richesses et diversités culturelles devaient donc être abandonnées au profit du christianisme, monothéiste et bien plus structuré que le paganisme.

Envie de prêcher la bonne parole ? Les chrétiens dans l’empire romain, des persécutions à la conversion Ie – IVe siècle d’Anne Bernet

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